Elodie ou le « Roman de Jugurtha »

Posté par khalfi1 le 2 mars 2020

Elodie est une jeune femme éprise de littérature. Issue de la noblesse bretonne, la belle châtelaine ne peut s’empêcher d’acquérir les dernières nouveautés littéraires et les derniers romans. D’ailleurs, la bibliothèque de son château en Bretagne est remplie de livres en instance de lecture. Mais il lui manque l’essentiel pour compléter sa copieuse collection, à savoir le « roman de Jugurtha », vieux de deux mille ans, inconnu et très rare. Elle décide de se le procurer en allant jusqu’à Constantine, où se trouve la bibliothèque abritant cette oeuvre du Roi berbère, héros de la guerre contre les Romains quand ces derniers occupaient une grande partie de l’Afrique du Nord

Roman ou je parle beaucoup de Constantine, la Cirta des Romains, surnommée la Ville des ponts suspendus et des Aigles.

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La femme aux 701 romans.

Posté par khalfi1 le 22 janvier 2016

 

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Hymne à Constantine

À Constantine, je me suis toujours senti heureux d’exister. Quoique je dise, je ne décrirai jamais avec précision, mes émotions de tendresse devant le vertige que me procure le spectacle féerique et plein de beauté, de la ville des ponts, à l’histoire plusieurs fois millénaire. Son site ressemble à un canyon taillé dans la roche et aux dimensions impressionnantes. On dirait qu’un géant, sorte d’Hercule invisible de la mythologie, armé d’une grande hache, ne s’était pas privé du plaisir, de creuser sur le vif, les entrailles de la terre pour en sortir un dessin harmonieux et presque unique au monde. Je vous demande pardon mais il faut que je vous raconte. Avant que je prenne ma retraite, j’ai beaucoup voyagé et vu tant de pays plus merveilleux et plus pittoresques les uns que les autres. J’ai vécu un instant à San-Francisco, observé les chutes du Niagara, grimpé sur les flancs du Kilimandjaro, traversé l’Australie, admiré les sites incomparables d’Ushuaïa et de la baie de Naples, les temples d’Angkor et de Louqsor, la finesse et la beauté marbrée du Taj Mahal. J’ai navigué sur les gondoles à Venise, sur les bateaux-mouches du Nil et de la Seine. Je me suis promené dans les quartiers historiques de Saint-Pétersbourg, les faubourgs chics de Londres, les villes surpeuplées de Bombay et de Calcutta, les endroits reculés des contrées asiatiques et africaines, puis j’ai fait un saut à Johannesburg et Pretoria. J’ai joui des paysages sublimes et glacés de l’Arctique et de l’Antarctique. Tant de fois, je me suis pâmé devant le style architectural du Panthéon de Rome et de l’Acropole d’Athènes. La poésie poignante du Sahara, les îles vierges du Pacifique et les profondeurs de la forêt amazonienne m’ont réchauffé le cœur et apporté à mon imagination, de quoi la nourrir des jours et des jours. J’ai vibré devant la mer toujours recommencée à Acapulco, Bahia, et les côtes de Java et de Bornéo. J’ai revisité en rêve les jardins suspendus de Babylone, le phare d’Alexandrie, le colosse de Rhodes et les autres merveilles du monde. Je me suis envolé vers les cieux azurés et les côtes turquoises des régions méditerranéennes où la vie s’exhale et s’exalte sous le souffle de l’air marin. Mais nulle part ailleurs, je n’ai senti l’amour que j’éprouve pour Constantine, rebâtie par l’empereur romain Constantin, et dont le site se confond avec l’antique Cirta, capitale de la Numidie. Mes yeux se plaisent toujours à la contempler. Le vent qui vient de ses hauteurs pénètre dans ma poitrine avec une telle douceur que mon cœur se gonfle chaque fois que j’entends sa musique cachée dans les plis les plus profonds, les plus intimes de ses murs séculaires et de sa mémoire inaltérable. C’est la terre de mes aïeux, de Massinissa, de Jugurtha, de Saint-Augustin, de La Kahina, des beys Salah et Ahmed, d’Ibn Badis, de Kateb Yacine et de Malek Haddad. Pour moi, elle est toujours la plus belle et le joyau des villes, même si elle ne possède pas les saphirs d’Ispahan, les diamants de Cordoue ou les émeraudes de Boukhara. J’aime la contempler quand le lever du soleil colore son rocher escarpé d’un halo divin, et l’enveloppe de sa clarté matinale. J’aime son nom, ce poids de l’histoire qui lui confère sa prestigieuse renommée, ses ravins profonds, son incomparable médina, ses souks animés, la fierté de ses habitants, les chansons de Fergani, sa fine cuisine, le faste particulier de ses fêtes, la « mélaya » constantinoise, enfin, son immortelle beauté. Oui, excusez encore une fois mon enthousiasme mais c’est cette vérité ou plutôt ce sont ces vérités qui emplissent tout mon être et m’amènent à cette irrésistible envie de vous parler sans cesse, de ma ville de cœur. Son seul aspect architectural ne manque pas de réveiller des sensations et des images évanescentes enfouies au fond de moi-même

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