L’Essentiel de Frédéric Marcou

Posté par khalfi1 le 18 juin 2020

« L’essentiel » est composé de plusieurs poèmes en prose avec des titres évocateurs, sur des sujets presque « politiques », comme ceux ayant trait à la Syrie ou à la Libye. Un autre poème comme par exemple « La machine à calculer le taux de pénétration dans l’air d’une matraque de CRS » est fort suggestif et plein de piquant. Tout le long de la lecture, on est agréablement surpris par les divers thèmes abordés, très courts, ressemblant à des maximes, à des postulats et parfois même à des leçons de morale. Quoique contenant par endroits, des définitions étanches et hermétiques.

Quand on prend la peine de lire entre les lignes qui paraissent anodines, on constate la précision du texte, la variété des phrases et des mots utilisés. Les énigmes apparemment posées sont en réalité des clés ouvrant sur des réalités concrètes et palpables. L’univers ainsi dévoilé aux profanes que nous sommes, est sans conteste, rempli de révélations sur tout ce qui nous entoure et demande des réflexions plus  appropriées.

J’ai retrouvé à travers cette lecture, dix ans d’écriture de l’auteur qui nous livre sans tabou, les fonds de sa pensée. faciles à comprendre et jetés comme une bouteille à la mer. Les poèmes ne sont pas rédigés en alexandrins classiques mais la prose employée à cet effet, permet de jeter un regard vif et curieux, même s’il renferme une part de banalité, sur un monde ouvert à tous les vents. Les formes légères du texte se confondent  allègrement avec les significations plus profondes des recueils mis ainsi à la disposition du lecteur averti. En tout cas, on se laisse emmener facilement par ces poèmes qui parlent d’eux-mêmes, ainsi que  par les courtes nouvelles mises en chantier avec précision à la fin du livre.

Lecture à recommander pour les amateurs de ce genre de littérature.

LEssentiel
Album : L'Essentiel
Frédéric Marcou
1 image
Voir l'album

Publié dans poésie | Pas de Commentaire »

Bien regarder les vagues

Posté par khalfi1 le 6 février 2011

Image de prévisualisation YouTube

Les vagues de la mer
Sont des baisers
Que la mer vient poser
Quand elle s’ennuie d’attendre.
Les vagues de la mer
Sont des baisers
Le sable tend sa joue
À cette femme tendre.
Le sort des marins
Est entre ses mains,
La mer est une maîtresse
Et tous les bateaux
Qui vont sur son dos,
Meurent un jour de ses caresses.

Les vagues de la mer
Sont des serpents
Que la mer vient poser
Sur les genoux des femmes;
Les vagues de la mer
Sont des serpents
Qui viennent doucement
Empoisonner leur âme,
Le sort des marins
Est entre ses mains,
La mer est une maîtresse
Et tous les bateaux
S’habillent de beau
Pour mériter ses caresses.

Les vagues de la mer
Sont des mouchoirs
Que la mer a tressé
Pour consoler les rêves
Les vagues de la mer
Sont des mouchoirs,
Dont les filles se font parfois
Des robes neuves.
Le sort des marins
Est entre ses mains,
La mer est une maîtresse
Et tous les bateaux
Qui l’ont dans la peau,
Meurent un jour des ses caresses.
Serge Lama

Publié dans musique, poésie, vidéo | 1 Commentaire »

Paul Valéry

Posté par khalfi1 le 4 mars 2010

Les morts cachés sont bien dans cette terre

Qui les réchauffe et sèche leur mystère.

Midi là-haut, Midi sans mouvement

En soi se pense et convient à soi-même…

Tête complète et parfait diadème,

Je suis en toi le secret changement.

Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !

L’air immense ouvre et referme mon livre,

La vague en poudre ose jaillir des rocs !

Envolez-vous, pages tout éblouies !

Rompez, vagues ! Rompez d’eaux réjouies

Ce toit tranquille où picoraient des focs !

Le cimetière marin, Librairie Gallimard, éditeur

Publié dans poésie | Pas de Commentaire »

Emile Verhaeren-L’effort

Posté par khalfi1 le 30 janvier 2010

Je vous aime, gars des pays blonds, beaux conducteurs

De hennissants et clairs et pesants attelages,

Et vous, bûcherons roux des bois pleins de senteurs,

Et toi, paysan fruste et vieux des blancs villages,

Qui n’aimes que les champs et leurs humbles chemins

Et qui jettes la semence d’une humble main

D’abord en l’air, droit devant toi, vers la lumière,

Pour qu’elle en vive un peu avant de choir en terre ;

La multiple splendeur

Publié dans poésie | Pas de Commentaire »

Arthur Rimbaud

Posté par khalfi1 le 11 novembre 2009

Arthur Rimbaud comme Paul Verlaine, occupe une place particulière dans la poésie française. Dans ses vers se reflètent aussi bien la beauté naturelle issue des idées et des sentiments exprimés, que la beauté artistique découlant de son talent et de son génie de poète. Il s’ensuit ainsi, lorsqu’on le lit, une sorte de navigation entre deux rives d’une mer agitée par les remous émotionnels nés d’une telle lecture.  A nous de méditer par exemple l’un de ses premiers poèmes, inspiré juste après la Commune et la guerre avec les Prussiens de 1870 :  » A Paris, que fais-tu poète, /De Charleville s’arrivé ?/ Pars, le génie ici végète,/ Mourant de faim sur le pavé,/ » 

Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, peu d’éditeurs publiaient ses écrits. Il a fallu beaucoup de temps à ses admirateurs pour rassembler et reconstituer son oeuvre. Beaucoup de textes, comme Le Bateau Ivre ne sont connus  que grâce à l’aide de Verlaine. Tout cela pour dire que l’oeuvre de Rimbaud fut un peu éparse. Ses diverses ruptures chronologiques avec la succession des jours et des saisons, portent la marque d’un poète désintéressé par la célébrité ou la renommée recherchée par tant d’auteurs de son époque, mais préoccupé par une seule chose : Le temps. Et aussi une structuration non en prose comme celle de Proust, mais en recherche permanente du Temps perdu, écrite en vers.

Publié dans poésie | Pas de Commentaire »

Un poème de Malek Haddad

Posté par khalfi1 le 19 septembre 2009

Quand Reverrai-je Hélas

« J’ai peut-être rêvé : les vaisseaux sont fantômes
Ai-je connu la ville où hier un attentat
Mettait dans les journaux un air de glas qui sonne
Au non-sens effréné qu’on appela Cirta

C’est à douter d’un souvenir et l’Algérie
Me dit dans un regard que mes yeux m’ont menti
Et rien d’autre mon cœur que cette rêverie
Au bastingage lourd d’un bateau qui partit

Suis-je né dans l’exil et dans mon habitude
A chercher au métro le couloir étranger
Suis-je le prisonnier de cette servitude
Qui nous fait dire blanc dés lors qu’il a neigé

Mon cœur est un touriste aux étapes d’ennui
Je ne visite rien qu’un souvenir qui râle
Hôtel tout n’est qu’hôtel pour allonger la nuit
Ah ! la fiche à remplir testament des escales

Je connais sous les ponts à l’écoute du fleuve
L’impassible dialogue et les mornes questions
Que se pose un maudit à qui manque la preuve
Qu’il est juste pour lui de dormir sous un pont

Verrai-je un nouvel an aux couleurs de cerise
La rue blonde au pavé d’un jour du mois de mai
Et vers le Djebel Ouach quand bavarde la brise
Tous ces rêves noyés d’un lac aux yeux fermés

J’ai peut-être rêvé : les vaisseaux sont fantômes
Ai-je connu la ville où hier un attentat
Mettait dans les journaux un air de glas qui sonne
Au non-sens effréné qu’on appela Cirta ».

Malek Haddad

Publié dans poésie | Pas de Commentaire »

J’apprendrai

Posté par khalfi1 le 9 juillet 2009

Joli petit poème

100581352small1.jpg
J’accepterai la douleur
D’accord aussi pour la peur
Je connais les conséquences
Et tant pis pour les pleurs
J’accepte quoi qu’il en coûte
Tout le pire du meilleur
Je prends les larmes et les doutes
Et risque tous les malheurs
Tout mais pas l’indifférence
Tout mais pas le temps qui meurt
Ni les jours qui se ressemblent
Sans saveur et sans couleur
J’apprendrai les souffrances
Et j’apprendrai les brûlures
Pour le miel d’une présence
Le souffle d’un murmure
J’apprendrai le froid des phrases
J’apprendrai le chaud des mots
Je jure de n’être plus sage
Je promets d’être sot
Je donnerais dix années pour un regard
Des châteaux, des palais pour un quai de gare
Un morceau d’aventure contre tous les conforts
Des tas de certitudes pour désirer encore
J’échangerais mes années mortes pour un peu de vie
Je chercherais la clé pour un peu de folie
Je prends tous les tickets pour un voyage
Aller n’importe où mais changer de paysage
Effacer ces heures absentes
Et tout repeindre en couleur
Toutes ces âmes qui mentent et qui sourient
Comme on pleure

 

Publié dans poésie | 3 Commentaires »

Ce que dit Elsa

Posté par khalfi1 le 7 janvier 2009

Tu me dis que ces vers sont obscurs et peut-être
Qu’ils le sont moins pourtant que je ne l’ai voulu
Sur le bonheur volé fermons notre fenêtre
De peur que le jour n’y pénètre
Et ne voile à jamais la photo qui t’a plu

Tu me dis Notre amour s’il inaugure un monde
C’est un monde où l’on aime à parler simplement
Laisse là Lancelot laisse la Table Ronde
Yseut Viviane Esclarmonde
Qui pour miroir avaient un glaive déformant

Lis l’amour dans mes yeux et non pas dans les nombres
Ne grise pas ton cœur de leurs philtres anciens
Les ruines à midi ne sont que des décombres
C’est l’heure où nous avons deux ombres
Pour mieux embarrasser l’art des sciomanciens

La nuit plus que le jour aurait-elle des charmes
Honte à ceux qu’un ciel pur ne fait pas soupirer
Honte à ceux qu’un enfant tout à coup ne désarme
Honte à ceux qui n’ont pas de larmes
Pour un chant dans la rue une fleur dans les prés

Tu me dis laisse un peu l’orchestre des tonnerres
Car par le temps qu’il est il est de pauvres gens
Qui ne pouvant chercher dans les dictionnaires
Aimeraient des mots ordinaires
Qu’ils se puissent tout bas répéter en songeant

Si tu veux que je t’aime apporte-moi l’eau pure
A laquelle s’en vont leurs désirs s’étancher
Que ton poème soit le sang de ta coupure
Comme un couvreur sur la toiture
Chante pour les oiseaux qui n’ont où se nicher

Que ton poème soit l’espoir qui dit A suivre
Au bas du feuilleton sinistre de nos pas
Que triomphe la voix humaine sur les cuivres
Et donne une raison de vivre
A ceux que tout semblait inviter au trépas

Que ton poème soit dans les lieux sans amour
Où l’on trime où l’on saigne où l’on crève de froid
Comme un air murmuré qui rend les pieds moins lourds
Un café noir au point du jour
Un ami rencontré sur le chemin de croix

Pour qui chanter vraiment en vaudrait-il la peine
Si ce n’est pas pour ceux dont tu rêves souvent
Et dont le souvenir est comme un bruit de chaînes
La nuit s’éveillant dans tes veines
Et qui parle à ton cœur comme au voilier le vent

Tu me dis Si tu veux que je t’aime et je t’aime
Il faut que ce portrait que de moi tu peindras
Ait comme un ver vivant au fond du chrysanthème
Un thème caché dans son thème
Et marie à l’amour le soleil qui viendra

LOUIS ARAGON

Publié dans poésie | 4 Commentaires »

Fernandel. L’accent en poème

Posté par khalfi1 le 9 septembre 2008

 

 

Image de prévisualisation YouTube

Publié dans poésie | 4 Commentaires »

Demain dès l’aube

Posté par khalfi1 le 7 septembre 2008

 

 

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo

Publié dans poésie | 2 Commentaires »

12
 

Le blog de Zizine |
SAVEURS AUX YEUX |
printemps des legendes 2009 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DEMBELE MOUSSA
| Timoun Kòlbo
| ENTRE DEUX PORTES