26 septembre 2017 0 Commentaire

Ecrire

AUTEUR

Le 20 sep 2017

Pourquoi j’écris (5)

Ecrire ou faire de la littérature, c’est le clair distinguo qu’Ivan Zimmermann pose avant d’expliquer sa pulsion irrésistible vers l’écriture. Raconter des histoires, raconter ses histoires jusqu’à s’y noyer.
La pression du crayon, curieux mélange entre l'envie et l'urgence d'écrire. JamesLa pression du crayon, curieux mélange entre l’envie et l’urgence d’écrire. James

L’écriture : par dérision peut-être…

Un ancien prof de français, que l’on nommait Réris dans mon collège, en fait l’abbé Maurice, m’avait dit un jour en me rendant une rédaction, qui était sur le thème d’une veillée en famille, que j’avais pompé Victor Hugo ! Si, si ! Je l’avais regardé d’un air aussi éclairé que mes boutons d’acné en pensant que le pauvre homme avait sûrement abusé de la boutanche, comme d’habitude. Moi qui ne lisait à l’époque que mon magazine Pilote avec comme auteurs préférés Goscinny, Morris et Marcel Gotlib, je ne comprenais pas ce qui venait de m’être reproché. J’étais vexé avec un net un sentiment d’injustice ; pour une fois que je faisais un effort en rédaction.

Je fus, bien sûr, le sujet de risée de tous mes copains de classe et surtout de Gérard le surdoué de la classe.

C’était en troisième et j’avais quatorze ans, ça ne date pas d’hier.  Mais c’est sans doute là que j’ai compris que l’écriture avait peut-être un intérêt, et, il est vrai, je m’en souviens encore, que j’avais pris du plaisir à écrire cette rédac. Du coup, j’ai lu, ce bon vieux Hugo, à qui on me comparait si abusivement et j’ai bien sûr tout de suite eut la certitude que Réris était bourré ce jour là et que cet écrivain était magnifique.

Ce qui m’a donné envie d’écrire : raconter des histoires et ne plus penser qu’à elles

Depuis, je erre comme une pauvre âme en peine dans les affres de l’écriture et me démène comme un beau diable à essayer d’intéresser le peu de lecteurs qui ont eu l’immense joie d’honorer ma plume. Si je ne me fais pas de compliments, qui m’en fera ?

Bref, lorsque je me place devant mon clavier et que j’ouvre ce charmant Word sur une page blanche, il faut absolument que je la remplisse tellement je la trouve tristounette. Certains vont se parler comme face à un miroir, d’autres vont critiquer la société, moi je me raconte des histoires. Mais, je pousse le souci du détail jusqu’à ce que j’arrive à y croire et à me tremper dans mes aventures virtuelles pour ne plus penser qu’à elles ; sous la douche, en me rasant (quand je veux), assis sur siège des toilettes et même en rêvant.

— C’est grave docteur ?

— Non simplement, un peu de surmenage, je vous prescris dix chapitres à écrire.

Voilà, c’est reparti ! Vous voyez, je ne peux pas m’en empêcher.

Je fais une petite parenthèse ici : on parle bien d’écrire, n’est-ce pas, pas de faire de la littérature comme cette bonne vieille Marguerite Youcenar ou ce bon Jean d’Ormesson, Carla comme disait Sarko, pardon, car là, je ne suis plus votre homme. Mais ça vous l’aviez deviné.

Un pied de nez ? Non, une réalité, une conscience de soi, pas la peine de me faire psychanalyser pour savoir que je ne serais jamais publié dans La Pléïade.

Alors écrire est une autre nature de soi ? Ouaip, m’sieur. Lorsqu’on la rencontre, cette putain de manie d’écrire, c’est pour la vie et le divorce devient impossible, ou alors c’est qu’on approche du dernier chapitre de sa vie et qu’on vient d’y apposer le mot « FIN ».

 

Ivan Zimmermann

11/09/2017

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