Accueil Histoire La révolte de Gildon (397-398 de l’ère chrétienne)

La révolte de Gildon (397-398 de l’ère chrétienne)

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Quoique les dangers suscités par la rébellion de Firmus eussent dû éclairer Rome sur le péril de trop élever les grandes familles indigènes, elle ne tarda pas à commettre la même faute , et ce fut un frère de Firmus qui en fut l’objet. En récompense des services qu’il avait rendus pendant la première insurrection, en combattant son frère, Gildon avait été élevé aux plus hautes dignités militaires ; il recut même de Théodose le gouvernement de l’Afrique, qu’il administra pendant douze ans, avec une autorité presque absolue.

Lorsqu’à la mort de Théodose  l’empire fut partagé entre ses deux fils, Gildon conçut le projet d’enlever l’Afrique au faible Honorius, et de la rattacher à l’empire d’Orient. Favorisé d’abord par les intrigues de la cour de Byzance, Gildon vit pâlir sa fortune devant Stilicon, lieutenant d’Honorius. Le sénat le déclara hors la loi, et lui opposa son propre frère à la tête d’une armée de vétérans gaulois et romains.

Gildon avait réuni soixante-dix mille Gétules et Ethiopiens : ils furent mis en fuite , et lui-même fut obligé de se donner la mort pour ne pas tomber vivant aux mains de ses ennemis. Après sa mort, le gouvernement de Rome, craignant que le troisième frère  n’imitât désormais les deux premiers, le fit périr et déploya contre ses partisans des rigueurs implacables.

Gildon était maure et païen, mais protecteur zélé des Circoncellions et des Donatistes ; il représentait donc deux intérêts très puissants : celui de l’indépendance africaine et celui d’une secte religieuse fort active et fort étendue. Sa famille était chrétienne, et orthodoxe, sa femme, sa soeur et sa fille furent des saintes. Un seul chiffre démontrera l’appui que la rébellion pouvait trouver en Afrique. Au concile qui se tint à Carthage en 411 on compta deux cent soixante-dix-neuf évêques donatistes sur cinq cent soixante-seize membres. Cette secte appuyait toute les tentatives pour se séparer de l’Empire. Aussi tous les efforts du gouvernement, toutes les énergies des Pères de l’Eglise et de Saint Augustin surtout, évêque d’Hippone, s’appliquèrent à extirper cette hérésie qui menaçait à la fois la religion et l’Etat.(1)

 

(1) Saint Augustin comme on le sait, était né à Taghaste (actuellement  Souk-Ahras), petite ville de la Numidie, en 354 ; il fut ordonné prêtre en 391, et appelé l’année d’après à l’évêché d’Hippone (actuellement Annaba), qu’il occupa jusqu’en 430. Ses travaux et sa vie sont trop connus pour qu’il soit nécessaire de les rappeler ici.

  

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