Issiakhem

Posté par khalfi1 le 25 novembre 2011

M’hamed Issiakhem ou l’œuvre en creux

Kateb Yacine et IssiakhemPar Kateb Yacine
Algérie Littérature Action N° 3 – 4

“On ne parlait presque jamais de sa peinture tant elle était, au sens littéral, indiscutable, dit Mimouni à propos d’Issiakhem. Son œuvre nous est en creux comme le moule pour l’objet moulé. Je veux dire essentielle. »

Je l’ai vu plus d’une fois, finir une toile en quelques heures, pour la détruire tout à coup et la refaire encore, comme si son œuvre aussi était une grenade qui n’a jamais fini d’exploser dans ses mains. En détruisant son œuvre, dans un suprême effort de tension créatrice, comme pour briser le piège ultime de la beauté, le peintre viole ses propres formes, car le démon de la recherche le pousse toujours plus loin. Mais toute création commence nécessairement par l’autodestruction (… )

On ne connaît encore que quelques unes de ses œuvres; c’est qu’Issiakhem est généreux. Il offre ce qu’il fait, ou s’en sépare pour survivre. Il habite un enfer où il faut faire feu de tout bois, et c’est lui-même qu’on voit brûler, d’un bout à l’autre de son œuvre. A cette extrême et haute tension, l’art est une catastrophe, un naufrage de l’homme, une vision de l’invisible et un signe arraché à la partie des morts. Mais l’enfer où il vit est la plus belle des fonderies, car c’est là qu’il travaille, avec la rage des fondateurs. Et ce travail se fait par bonds, ou par sursauts imprévisibles, un travail de volcan à l’intérieur de l’homme, pour qu’il puisse dire : “Je me suis fait moi même, je reviens du néant, et j’ai lutté contre la mort, grenade contre grenade.”




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