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Les cadres algériens

Posté par khalfi1 le 25 janvier 2011

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Prises de court par les récentes émeutes

Quels rôles pourraient jouer les classes moyennes algériennes ?

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La constitution de nombreuses sociétés privées a permis l’émergence d’élites managériales privées, parfois à la tête d’entreprises de grande envergure. 

 

Les récentes manifestations populaires, qui se sont  produites en Algérie, ont, en grande partie, tourné à l’émeute, parce qu’elles n’ont trouvé ni élite ni organisations suffisamment fortes et représentatives pour les encadrer et traduire de manière claire les causes du mécontentement et les aspirations précises des manifestants. Ces élites et ces organisations susceptibles de capter le mécontentement, lui donner un sens et le traduire sous forme de doléances à adresser aux autorités politiques existent pourtant bien en Algérie, en dépit des prédations multiformes que le pouvoir mène contre elles pour les affaiblir, les récupérer ou carrément pour les torpiller.

 

Toute l’énergie du pouvoir en place durant cette décennie semble, en effet, avoir été canalisée sur les diverses élites autonomes (politique, syndicale, économique, médiatique, féminine, etc.) nées dans le sillage des ouvertures d’octobre 1988, pour les faire disparaître ou, à défaut, les remettre sous le giron de la coalition (FLN, MSP, RND) qui gouverne sans partage le pays depuis 1999. Il s’agit en quelque sorte de remettre le couvercle sur le chaudron de la révolte d’Octobre 1988, d’où sont sorties toutes ces élites autonomes devenues gênantes pour nos gouvernants nostalgiques du système du parti unique et ramant à contre-courant de l’évolution moderniste du monde. Les dernières manifestations populaires, porteuses de revendications économiques et sociales indissociables d’une volonté de changement à caractère politique, constituent une occasion inespérée pour ces élites post-Octobre 88 marginalisées, de se remettre en selle et reprendre les places qui leur reviennent de droit dans la société algérienne.

 

La Constitution de 1989, toujours en vigueur, leur donne effectivement, non seulement le droit d’exister mais également celui d’activer en toute légalité. Et, à travers les informations qui nous parviennent de certains partis politiques et de nombreux syndicats autonomes, cette dynamique de reconquête de ce droit serait largement entamée pour très probablement se traduire par des actions fortes et multiformes sur le terrain. La Constitution de 1989 rédigée sous la pression des révoltes d’Octobre avait, en effet, introduit des changements majeurs dans le pays, parmi lesquels le bouleversement du champ des élites n’est pas des moindres. On se souvient qu’avant la promulgation de cette Constitution qui avait permis des ouvertures politique, économique et sociale considérables, l’Algérie vivait sous le régime du parti unique, des organisations de masse satellisées, des entreprises étatiques et du syndicat des travailleurs, tout aussi unique, l’UGTA en l’occurrence.
L’ouverture de 1989 a, à l’évidence, élargi le champ des élites comme ce fut, par exemple, le cas pour les élites politiques autrefois réduites aux seuls cadre du parti FLN et qu’on retrouve aujourd’hui à la tête d’une profusion de nouveaux partis politiques qui se battent, il est vrai, dans des conditions particulièrement difficiles, pour échapper aux intrigues du pouvoir et avoir la place qui leur revient de droit sur l’échiquier politique national.

 


La même observation peut être faite à propos des élites syndicales, autrefois réduites aux seuls cadres du syndicat unique UGTA. Aujourd’hui, des élites syndicales de qualité encadrent plus d’une vingtaine de syndicats autonomes, dont les nombreuses actions menées au cours de cette dernière décennie témoignent d’une capacité à mobiliser des travailleurs autour de revendications nettement supérieures à celles de l’UGTA. On peut, à titre d’exemple, citer les appels à la grève générale par les syndicats autonomes des fonctionnaires, des enseignants du secondaire, des professeurs d’université et des médecins largement suivis en dépit des répressions subies et qui ont, au bout du compte, fini par obtenir les résultats escomptés.
Cependant le pouvoir, qui ne souhaite négocier qu’avec l’UGTA, feint toujours d’ignorer ces organisations sociales dont il n’ignore pourtant pas la profondeur de leur ancrage social.

 


Toujours dans cette dynamique d’ouverture du champ des élites permise par la Constitution de 1989, on pourrait également évoquer l’émergence de nouvelles élites journalistiques (médiatiques) qui, avant cet événement, se réduisaient, on s’en souvient, à une vingtaine de directeurs de journaux étatiques et partisans qui paraissaient à l’époque et à quelques responsables de chaînes de télévision et radios publiques autorisées à émettre. Il existe aujourd’hui, pas moins d’une centaine de titres de presse privés et publics, encadrée par de nouvelles élites journalistiques, pour certaines devenues de véritables leaders d’opinion. La société civile autrefois réduite aux seuls cadres des organisations de masse satellites des pouvoirs en place (UNFA, UNPA, UNJA, etc.), s’est également, aujourd’hui, enrichie de nombreuses associations non gouvernementales dirigées par des élites nouvelles qui tentent d’échapper à la mainmise des autorités politiques et administratives, qui tentent de les récupérer à l’occasion des grandes échéances électorales. Bon nombre de ces associations sont, malgré tout, restées indépendantes, même si au regard des observateurs, les récupérations ont été fort nombreuses, notamment lors des dernières élections présidentielles. L’autre ouverture, et non des moindres, offerte par la Constitution de 1989 est, à n’en pas douter, celle des élites économiques (managériales) autrefois réduites aux seuls directeurs des entreprises nationales et institutions publiques encadrant une économie fortement étatisée. La constitution de nombreuses sociétés privées a permis l’émergence de plusieurs milliers d’élites managériales privées, parfois à la tête d’entreprises de grande envergure.

 


De crainte que ces élites économiques ne s’investissent dans l’action politique en perspective d’une éventuelle alternance au pouvoir, ces élites sont, depuis ces quelques dernières années, soumises à toutes sortes de harcèlements et d’embrigadements, comme on a pu le constater avec le Forum des chefs d’entreprises lors des dernières élections présidentielles. C’est dire que la classe moyenne algérienne, dont toutes ces nouvelles élites nées de la dynamique d’Octobre 1988 font partie, existe, bien qu’affaiblie et quelque peu déstructurée par tous les coups de boutoir que le pouvoir a assénés à tous ces cadres, notamment, au cours de cette dernière décennie en les discréditant, en les emprisonnant, en les appauvrissant ou en les récupérant. Les derniers événements qu’a connus le pays leur offrent l’occasion de se ressaisir pour reprendre le rôle et la place que leur accorde la Constitution de 1989. Sauront-ils la saisir ?

 

 

Nordine Grim

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Célébration de la journée franco-allemande.

Posté par khalfi1 le 21 janvier 2011

 

J’ai choisi de parler de l’écrivain allemand Stephan Zweig et de son ouvrage Amok, préfacé par Romain Rolland. Bien avant la Deuxième guerre mondiale, c’est-à-dire en 1922. La préface en question lui rendait hommage et soulignait le fait que la littérature et la culture devaient favoriser le renforcement des liens franco-allemands et donner naissance à l’unité européenne. Ah ! Si on avait écouté à l’époque cette voix de la raison et de la sagesse :

 

 » Certains artistes les plus probes et les plus recueillis ayant le dégoût de ces exhibitions de salons et de banquets, sont restés à l’écart et, s’oubliant eux-mêmes, ont été oubliés. Le plus paradoxal était que, tandis que Paris faisait fête à de tels écrivains allemands qui avaient participé à tous les égarements de la fureur nationaliste contre la France, ceux qui avaient été pendant la guerre, les vrais amis de la France, ceux qui avaient été les fidèles gardiens de l’esprit européen, ont été – à une ou deux exceptions près – systématiquement mis de côté.

 

Ainsi également, il a fallu attendre sept ans après la paix pour que paraisse en librairie française, grâce au goût éclairé des directeurs de la maison Stock, la première oeuvre du grand écrivain autrichien qui représente, dans les lettres allemandes, avec le plus d’éclat et une fidélité constante, l’esprit européen, les plus hautes traditions d’art et d’intelligence de la vieille Allemagne, celle dont la basilique est la sainte Weimar.

 

Par K

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Rose Africa

Posté par khalfi1 le 16 janvier 2011

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Marie-Christine Hodeau-Une vie brisée

Posté par khalfi1 le 8 janvier 2011

Un roman sur Marie-Christine Hodeau, assassinée dans la forêt de Fontainebleau près de Paris.

 

 

 

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Le téléphone et internet

Posté par khalfi1 le 1 janvier 2011

On a longtemps cru, et écrit, que son développement, faisant suite à celui du cinéma et de la télévision, allait entraîner la fin du courrier, du livre et de l’écrit en général. L’apparition d’internet et du SMS a tempéré cette prédiction. Et voici maintenant qu’apparaît une prédiction radicalement inverse: et si c’était la conversation téléphonique qui était appelée à disparaître?

 

Ceux qui défendent cette thèse en veulent pour preuve que, aux Etats-Unis, selon l’institut Nielsen, le nombre d’appels téléphoniques  décroît tous les ans depuis 2007, qui aura été l’année d’un record. De plus, ces appels sont de plus en plus brefs: s’ils étaient en moyenne de 3 minutes en 2005, ils ont maintenant perdu près de la moitié de leur durée. A cela s’ajoute que, partout dans le monde, les opérateurs gagnent beaucoup plus d’argent par le transfert de données que par la voix, qui n’est plus qu’une dimension annexe de l’ARPU. Enfin, il est exact que de nombreux jeunes n’utilisent  presque plus leur Smartphone comme téléphone, mais essentiellement comme un moyen d’échanger des messages  par SMS, email, BBM, ou sur Facebook ou Twitter.

 

Pourquoi? D’abord parce que la voix transmet un message beaucoup plus subjectif et moins fiable que l’écrit. Ensuite –et surtout–  parce que, dans un monde où chacun est de plus en plus en relation avec un très grand nombre de gens, on est de plus en plus soucieux de protéger son intimité. Aussi, chacun accepte-t-il  de moins en moins l’agression que représente un appel téléphonique. La vieille question apparue à la fin du 19e siècle, au moment même de l’émergence du téléphone («pourquoi répondre quand on vous sonne?») revient d’actualité. Beaucoup de gens désormais ne répondent pas quand on les sonne. Aussi, on ne décroche pas quand des inconnus appellent; et même, avec des amis,  prend-on de plus en plus rendez-vous  par SMS pour se parler par téléphone; et on écoute même de moins en moins les messages téléphoniques laissés sur les boîtes vocales.

 

Tout cela renvoie à quelque chose de profond, parfaitement prévisible: notre idéologie de la liberté individuelle conduit chacun à ne s’intéresser de plus en plus qu’à lui-même, à ne vouloir en faire qu’à sa tête,  et même, plus encore, à l’autisme, au narcissisme, au plaisir de soi. Et donc à refuser toute intrusion d’autrui non sollicitée dans la bulle de son égo. On aime donc recevoir des SMS, des mails ou des BBM, parce qu’on les lit quand et si on veut. Mais on n’aime pas prendre un appel téléphonique qui vous force à obéir à l’injonction d’autrui, de parler, ici et maintenant. Une fois de plus, la musique annonçait cette mutation, par le développement de l’écoute solitaire.

 

De fait, un objet nouveau sert d’abord à ce à quoi servait l’objet précédent. Et il est normal que le mobile ait été d’abord un téléphone. Désormais, il va trouver son véritable usage. Les mobiles seront donc de plus en plus des instruments pour se mettre à disposition de l’autre, qui décidera s’il veut de nous.  Et si la voix n’y est plus importante, on peut en changer radicalement la forme, pour faciliter l’échange d’écrits d’abord. Mais aussi, au-delà de l’écrit, par l’échange d’images, fixes ou mobiles, de photos ou de vidéos.

 

Un peu plus tard, l’extension des capacités de conversation en vidéo changera beaucoup de choses. Chacun pourra se proposer  à la vue de l’autre, qui pourra décider à sa guise s’il veut le voir et s’il veut lui renvoyer son image.

 

On pourra en particulier  communiquer avec le corps, sans l’usage de la voix; par exemple par des signes: la vidéo conduisant à une possible universalisation du langage des sourds muets.

 

Chacun sera donc en situation de voir les autres, sans être vu, s’il ne le souhaite pas; en tout cas, s’il peut le refuser, car il y a des cas où on ne peut refuser d’être vu d’un autre: on peut imaginer des mères imposant à leurs enfants d’être sans cesse visibles; des amoureux l’exigeant de leurs partenaires; des patrons l’exigeant de leurs cadres; des juges y obligeant des condamnés.

 

Là sera d’ailleurs la vraie mesure de la liberté: est libre celui qui n’est pas obligé de répondre au téléphone, et qui n’est pas tenu d’être vu par les autres.

 

Jacques Attali

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