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Michael Kenna- Le voyage photographique

Posté par khalfi1 le 13 octobre 2009

Né en 1953 à Widnes (Lancashire), Michael Kenna est d’abord un voyageur. Ses images poétiques, prises de nuit ou au crépuscule, suggèrent l’infini et révèlent une nature dépouillée, aux lignes pures. Une rétrospective de l’oeuvre de ce grand photographe anglais permet de mesurer la liberté de son approche du paysage et l’évolution de son style.« Pour les sujets, la composition, la palette, l’atmosphère, Bill Brandt demeure ma seule grande infl uence. Je n’ai jamais cessé de regarder ses livres et d’y trouver l’inspiration. Je possède des épreuves que je chéris. » Kenna commence sa carrière par des travaux de commande, mais après s’être installé aux États-Unis, où la vie de la photographie avait quelques longueurs d’avance, il entreprend une oeuvre personnelle, exclusivement consacrée au paysage. Il réalise des tirages pour la photographe Ruth Bernhard, qui l’incite à une exigence inouïe. « J’ai tiré pour elle et avec elle pendant des années. Parallèlement, j’ai commencé à tirer mes propres travaux, elle m’a tout appris en matière de tirage. » À l’instar de Giacomelli, le matériau brut du négatif, la chimie du sel d’argent, la virtuosité du virage forment pour lui un champ d’expérimentation fascinant et inépuisable. Rendre perceptible l’âme du lieu. L’aspect documentaire, présent dans toute photographie en prise avec le réel, est ici largement transcendé. L’oeuvre s’enracine tant dans la grande tradition du paysage pictural ou gravé que dans celle de la photographie elle-même. Rendre perceptible l’âme du lieu, legenius loci, celle des hommes qui y vécurent, y moururent, y laissèrent trace sans que jamais un être humain ne figure dans l’image, tel est le défi que relève Kenna. Face à un champ d’intérêt vaste comme le monde, il construit son oeuvre par grands chapitres qui demandent plusieurs années de travail. Les usines de construction automobile de The Rouge,la centrale électrique de Ratcliffe, les marines de tous rivages, les jardins formels français et anglais, l’île de Pâques, le Mont-Saint-Michel… chaque série est le fruit d’un projet à long terme, et se poursuit bien au-delà des publications de livres. « Je reviens maintes fois sur les lieux de mes photos, car ils ne sont jamais semblables. C’est comme une amitié. »Les photographies de Kenna sont mondialement connues, reconnaissables entre toutes. Le style s’appuie sur la lumière atténuée de l’aube ou du crépuscule, le plus souvent sur la photographie nocturne. La surface sensible n’est plus bombardée de photons, mais s’imprègne lentement et rend perceptible ses mouvements des astres, l’évolution de l’atmosphère, la transformation des météores. Les contrastes de texture, de matière, engendrent une rhétorique de l’ombre et de la lumière savante et raffinée. Le temps photographique n’est plus celui de l’instant mais de la durée. « Je m’intéresse plus au temps qui se passe avant ou après “le moment décisif”. La nuit, un moment peut durer dix minutes ou dix heures. Mes photographies de nuit sont les écrins du temps qui passe. » 20 x 20 cm : le format choisi par Kenna induit un rapport particulier à l’image, une relation intime. La photographie, ici, n’est pas un objet surdimensionné devant Le Désert Retz,Study 4, France 1988.
Michael Kenna,
Biei, Hokkaido,
Japon, 2009.
© Michael Kenna. BnF, Estampes et Photographie.
© Mark

Michael Kenna- Le voyage photographique dans art doc doc1.doc

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